Incursion dans le monde des inégalités de couple

Dans certaines faculés de médecine du Québec, trois finissants sur quatre sont des femmes.

La tendance se manifeste aussi dans d’autres professions où se conjuguent argent et pouvoir.

Comme le montre ce livre, qui fourmille de statistiques, de résultats d’enquêtes sociologiques et d’anecdotes, cette situation est loin d’être unique au Québec.

Aux États-Unis, près de trois bacheliers sur cinq sont des femmes et la proportion augmente chez les détenteurs de maîtrises et de doctorats.

Et ces femmes font plus d’argent. Par exemple, les femmes dans la vingtaine qui habitent New York affichent des salaires en moyenne 17 % plus élevés que ceux des hommes de leur âge. Tout métier et toute profession confondus.

Comme le dit l’auteure, une journaliste du Washington Post, les femmes de carrière à hauts revenus «amènent maintenant les protéines sur la table». En conséquence, le rapport de force change. Elles veulent prendre les grandes décisions touchant l’unité familiale, comme l’achat de la maison. Et, nous dit fièrement l’auteure, elles les prennent.

À l’heure actuelle, aux États-Unis, les femmes sont cheffes de foyer dans deux ménages sur cinq. Dans dix ans, le phénomène touchera au moins la moitié des couples.

Quelles en sont les conséquences?

Selon l’auteure, les hommes y trouveront leur compte, car ils n’auraient pas tous le goût de la compétition qu’implique le monde du travail.

En conséquence, il se développerait, selon elle, une «nouvelle masculinité», de plus en plus d’hommes choisissant de rester à la maison afin de s’occuper des enfants et des tâches ménagères. Ou encore, acceptant de bon coeur d’être des pourvoyeurs de deuxième ordre.

En dépit du jovialisme de l’auteure, on peut facilement constater, à la lecture même de certains exemples du livre, que tout n’est pas si rose dans ce nouveau monde où les femmes de carrière incitent leurs partenaires à … surveiller leur tour de taille et à accroître leur «autonomie affective» (c’est dans le livre!).

C’est ainsi que des femmes «alpha» se désolent de ne pas trouver de partenaires «à leur niveau». Elles sont seules et se doutent qu’elles vont probablement le rester.

On constate également que dans la psyché masculine, la proximité du pouvoir, quand il est subi, n’agit généralement pas comme un aphrodisiaque.

L’auteure, qui connaît le Japon, nous montre aussi une autre réalité, qui a peu à voir avec la carte postale : des Japonais font appel à des agences spécialisées afin de se trouver des «épouses» venant d’autres pays asiatiques, et qui ont un statut moins élevé que les Japonaises qu’elles remplacent. L’auteure dit que le même genre de phénomène existe,  de façon plus subtile, en Europe et aux États-Unis. Par exemple, en Espagne, les femmes semblent préférer les hommes d’Europe du Nord et les hommes, les femmes d’Amérique latine. Les Floridiennes de carrière semblent, quant à elles, s’intéresser surtout aux hommes de New York.

Certaines des jeunes femmes qui forment le gros des cohortes en science de la santé pourraient ainsi avoir à faire des choix difficiles dans leur vie amoureuse et familiale, bien loin des représentations idéalisées des magazines féminins et des séries télévisées. Voilà une des conséquences d’une catastrophe dont on parle trop peu, le décrochage des garçons à l’école secondaire, là où les choses sérieuses se décident parfois … pour la vie.

MUNDY, Liza, The richer sex: how the new majority of female breadwinners is transforming sex, love and family, New York, Simon & Schuster, 2012, 327 p.

À propos Jean-François Barbe
Bibliothécaire au niveau trois de la Grande Bibliothèque, à la thématique Histoire, sciences humaines et sociales. Chroniqueur «livres» au journal Finance et Investissement.

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