Voici la facture

L’auteur nous dit quelque chose d’étrange et d’inconfortable à la fois. À savoir que la bureaucratie fédérale se développe à un rythme effréné et que le Québec en finance l’expansion à ses dépens.

Entre 1998 et 2009, la masse salariale de l’État fédéral a explosé de 108%, alors que le revenu moyen des familles a augmenté de 22%. Et pourtant, signale l’auteur, l’État fédéral ne paie ni infirmières, ni enseignants, ni éducatrices en garderie puisque la facture est réglée par Québec. Plus de 42,000 fonctionnaires fédéraux gagnent plus de 100,000$ par année.

Basé sur l’étude des sections III et IV des Comptes publics de 2010, ce livre donne ainsi un aperçu des retombées au Québec des dépenses de fonctionnement de plus de vingt-cinq ministères et organismes fédéraux.

Prenons le tout premier ministère de la liste, celui des Affaires étrangères et commerce international (MAECI).

L’auteur nous rappelle que ce ministère a fermé une série d’ambassades dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest parce que le gouvernement Harper veut concentrer sa diplomatie dans les pays anglophones du continent africain. Et que les agents du commerce extérieur du MAECI pensent «Saskatoon» et «London, Ontario» plutôt que «Val-d’Or» et «Sherbrooke» dans leur stratégie d’attraction d’investissements étrangers. Voilà pour l’aspect politique de la chose qui lui, ne se comptabilise jamais.

Mais revenons à nos moutons.

En 2010, 8,3% des achats en biens et services du MAECI ont été faits au Québec.

Et en grattant un peu, l’auteur découvre que le MAECI a versé une somme de 6,6 milliards de dollars à General Motors (Détroit, Michigan) à titre de «paiements de transferts». Ce qui donne près de 1,3 milliards de dollars provenant des contribuables québécois, soit 161$ par personne ou 650$ pour une famille de quatre.

En 2009, les Québécois ont également donné, avec  leurs impôts, près du quart des 13 milliards de dollars versés par Ottawa à l’industrie ontarienne de l’automobile. Parallèlement, l’industrie forestière québécoise récoltait un gros 70 millions pour sa restructuration et la survie des régions.

En tout et partout, l’auteur estime que le Québec a reçu en 2010 l’équivalent de 11% des dépenses en biens et services de l’État fédéral.

Comme le dit l’auteur, c’est l’équivalent d’une série de camions de la Brink’s  traversant, d’est en ouest, la rivière des Outaouais.

GOBEIL, Stéphane, Un gouvernement de trop, Montréal, VLB, 2012, 175 p.

À propos Jean-François Barbe
Bibliothécaire au niveau trois de la Grande Bibliothèque, à la thématique Histoire, sciences humaines et sociales. Chroniqueur «livres» au journal Finance et Investissement.

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