L’économie pour vous et moi

Je le confesse : s’il existe un domaine qui m’ennuie profondément, c’est bien l’économie. Les cotes boursières, le PIB, le marché immobilier, la fiscalité, l’inflation, les bulles de ceci ou de cela… Zzzzzz… Tout cela me semble si complexe que je n’ai jamais entrepris d’essayer de comprendre.

L’économie occupant une place immense dans nos vies, j’ai pourtant toujours pressenti qu’il importait d’apprivoiser la bête. C’est pourquoi j’ai mis la main sur Petit cours d’autodéfense en économie dans lequel l’économiste canadien Jim Stanford démystifie le capitalisme. Exactement ce qu’il me fallait!

Après une grande respiration, je lis 50 pages, puis 100, 200 et… tiens, je comprends! Et parce que je n’ai pas affaire à un manuel, mais plutôt à un essai où l’auteur ne se prive pas pour critiquer le courant de pensée dominant, je me sens en confiance. De l’économie domestique à la mondialisation, en passant par le système bancaire, le travail, la concurrence, l’inflation, le chômage et la bourse (entre autres!), l’essayiste vulgarise, nuance et établit des liens.

Il démontre, parmi bien d’autres choses, que le PIB s’avère un indicateur économique déficient, qu’il est illusoire d’espérer atteindre le plein emploi dans un contexte de capitalisme, que la croissance n’est pas nécessairement l’ennemi de l’environnement, et qu’un déficit dans les finances publiques n’est pas forcément dramatique.

L’auteur nous entretient également du rôle de l’entreprise privée dans l’économie mondiale, de ce qui distingue le travail des autres marchandises, de certaines des causes de l’inflation, du cloisonnement du marché du travail, des inégalités entre pays riches et pays pauvres, des facteurs qui peuvent contribuer à déclencher une récession… Alouette!

Stanford nous éclaire en outre sur les mystères et les dérives de la spéculation, et remet les pendules de la mondialisation à l’heure. Dans la dernière partie, il se permet de compiler un bulletin de notes du capitalisme, propose des réformes et ouvre la porte à des façons différentes d’aborder l’économie.

Suis-je devenue passionnée ou experte de l’économie à la lecture de ce livre? Pas du tout. Ai-je retenu tout ce qu’on m’a expliqué? Bien sûr que non. Par contre, je me sens mieux outillée pour comprendre et pour mettre en doute. Et c’est une excellente chose puisque, comme Stanford le dit si bien, « l’économie est une réalité trop importante pour être laissée entre les mains des économistes » (p. 11).

                                                          

Note : Jim Stanford est fondateur du Progressive Economics Forum et chroniqueur au Globe and Mail.

STANFORD, Jim, Petit cours d’autodéfense en économie : l’abc du capitalisme, Montréal, Lux, 2011, 491 p.

Version originale anglaise :
STANFORD, Jim, Economics for everyone: a short guide to the economics of capitalism, Black Point, N.S., Fernwood Pub. and Canadian Centre for Policy Alternatives, 2008, 350 p.

À propos Véronique Parenteau
Bibliothécaire, services numériques

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