Une vie à vivre

Abdul Husain, 17 ans, vit avec ses parents, ses frères et sa sœur à Annawadi, un bidonville de Bombay. Il est trieur de déchets. L’entreprise familiale de commerce de déchets se porte assez bien ce qui permet à Abdul et à sa famille, des musulmans, de vivre un peu mieux que leurs voisins.

Asha, mère de trois enfants et professeur de maternelle à temps partiel, ne voit pas d’un bon œil que les Husain survivent si bien. Sa fille aînée, Manju, obtiendra bientôt son baccalauréat, la première résidante d’Annawadi à le faire. Asha est ambitieuse et vise à devenir chef du bidonville d’Annawadi. Son implication dans le mouvement religieux Shiv Sena et ses relations avec les agents corrompus du poste de police de l’aéroport la favorisent.

Sunil, 12 ans, est un ramasseur de déchets. Sa famille a immigré du nord de l’Inde et, pour cette raison, il est parfois la cible de violence. Être ramasseur de déchets, c’est se situer au bas de l’échelle dans la hiérarchie du bidonville. Il est fréquemment battu par les adolescents plus âgés qui volent du métal sur les chantiers de construction de l’aéroport qui entourent Annawadi.

Abdul, Asha et Sunil semblent tout droit sortis d’un roman où l’auteure, Katherine Boo les met en scène les uns contre les autres. La jalousie, la haine, l’envie qu’elle leur fait vivre mènent à l’extorsion, au suicide et au meurtre. Pourtant, Behind the Beautiful Forevers n’est pas un roman. Ce livre décrit la réalité telle que Boo l’a observée au cours de ses trois années d’enquête à Annawadi.

Pour un lecteur nord-américain, ces vies déchirées et sans espoir, dans une société corrompue et indifférente, sont impossibles à imaginer. Les Occidentaux croient en la possibilité qu’a chacun de vivre la vie qu’il choisit, peu importe ses origines. En fait, les Annawadiens partagent aussi cette foi. Mais le tableau que Boo nous dresse des relations dévastatrices entre individus, de la cruelle réalité d’une existence dans l’extrême pauvreté et du fonctionnement déréglé des institutions gouvernementales qui régissent la vie des habitants d’Annawadi, amène le lecteur à conclure à la fatalité inexorable de la vie dans ce bidonville de Bombay.

Malgré le désespoir, l’histoire des habitants d’Annawadi vaut la peine d’être lue.

Behind the Beautiful Forevers a remporté le National Book Award en 2012.
___________________________________________

BOO, Katherine, Behind the Beautiful Forevers, New York, Random House, 2012, 256 p.

À propos Maryse Breton
Je suis bibliothécaire à BAnQ depuis 2011. Avant mon arrivée à BAnQ, j'ai travaillé aux États-Unis dans des bibliothèques publiques de la Californie, du Michigan et de l'état de New York. Préalablement à l'obtention de ma maitrise en bibliothéconomie en 1999, j'ai fait des études en psychologie.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s